Le Mufti de la République reçoit, à...

Dar al-Iftaa d'Égypte

Le Mufti de la République reçoit, à Dar Al-Ifta, une délégation d’imams et de juges des Philippines et affirme que le monde contemporain repose sur la pluralité et la diversité religieuse, culturelle et intellectuelle ; une diversité qui constitue une réalité humaine et une loi universelle reconnue par l’islam et consacrée par le Noble Coran.

Le Mufti de la République reçoit, à Dar Al-Ifta, une délégation d’imams et de juges des Philippines et affirme que le monde contemporain repose sur la pluralité et la diversité religieuse, culturelle et intellectuelle ; une diversité qui constitue une réalité humaine et une loi universelle reconnue par l’islam et consacrée par le Noble Coran.

Son Éminence le Professeur Dr Nazir Mohamed Ayyad, Mufti de la République et Président du Secrétariat général des institutions de fatwa dans le monde, a reçu ce dimanche, dans son bureau à Dar Al-Ifta, une délégation d’imams et de juges des Philippines participant à la première session de formation organisée par le ministère égyptien des Wakfs, intitulée : « Renforcer les valeurs de tolérance et de coexistence pacifique à la lumière de l’expérience égyptienne ».

Son Éminence le Mufti de la République a souhaité la bienvenue à la délégation philippine dans leur second pays, l’Égypte, exprimant sa fierté d’accueillir des imams et des juges des Philippines à Dar Al-Ifta. Il a souligné l’engagement constant de Dar Al-Ifta à renforcer les ponts de coopération scientifique et religieuse avec les institutions religieuses du monde entier, conformément à sa mission universelle visant à promouvoir une compréhension équilibrée de la religion, à consolider les valeurs de modération et de tolérance, à construire un discours religieux éclairé capable de relever les défis du monde contemporain, à faire face aux discours d’extrémisme et de haine, et à ancrer une culture de coexistence pacifique et de respect de la diversité religieuse et culturelle.

Au cours de la rencontre, Son Éminence le Mufti de la République a donné une conférence approfondie portant sur l’expérience égyptienne en matière de coexistence et de vivre-ensemble pacifique. Il a affirmé que le monde contemporain repose sur la pluralité et la diversité religieuse, culturelle et intellectuelle, une diversité qui constitue une réalité humaine et une loi universelle incontournable. Il a insisté sur le fait que la bonne gestion de cette diversité est un fondement essentiel de la stabilité et de la construction de sociétés sûres.

Son Éminence a également expliqué que la diversité entre les êtres humains — qu’elle concerne la religion, la langue, l’origine, la culture ou même les modes de pensée — est une réalité reconnue et affirmée par l’islam, comme l’indique le verset coranique dont le sens est : « Si ton Seigneur l’avait voulu, Il aurait fait des hommes une seule communauté ; or ils ne cessent de diverger. »
Il a souligné que cette diversité ne doit pas être une source de conflit ou d’exclusion, mais plutôt un point de départ pour la connaissance mutuelle et la complémentarité.

Il a également affirmé que l’islam reconnaît l’être humain en tant qu’être pleinement humain, doté de droits et de devoirs, en précisant qu’il existe une distinction claire entre la reconnaissance de la dignité humaine et le respect de l’existence d’autrui, d’une part, et l’imposition d’une tutelle ou l’obligation de changer de croyance, d’autre part. Il s’est appuyé sur le principe coranique fondamental dont le sens est : « À vous votre religion, et à moi la mienne »,
comme fondement solide garantissant la liberté de croyance et le respect des spécificités religieuses.

Son Éminence a souligné que le discours coranique s’adresse à l’humanité tout entière en se fondant sur l’unité de l’origine humaine, rappelant que tous les êtres humains ont été créés à partir d’une même essence, et qu’ils ont été établis en peuples et en groupes afin qu’ils se connaissent mutuellement. Il a expliqué que cette connaissance réciproque constitue le véritable fondement de la coexistence pacifique entre les êtres humains.

Son Éminence a ensuite présenté l’expérience égyptienne en matière de vivre-ensemble pacifique, précisant qu’il ne s’agit ni de simples slogans ni de théories abstraites, mais d’une réalité concrète et vécue, incarnée dans les différentes institutions de l’État. Il a indiqué que les musulmans et les chrétiens y travaillent côte à côte sans discrimination, qu’ils participent ensemble à l’accomplissement des devoirs nationaux et à la construction de leur pays, et que le critère de distinction au sein de l’État égyptien repose sur la compétence, le mérite et la capacité à contribuer positivement à la société.

Son Éminence a également expliqué que l’acceptation de l’autre ne signifie en aucun cas l’abandon des spécificités religieuses, mais repose au contraire sur leur respect total, tout en privilégiant la dimension humaine commune dans les relations, dans un climat de confiance et de respect mutuel. Il a abordé le principe du dialogue en tant que pilier fondamental de la coexistence pacifique, affirmant que le dialogue est un principe essentiel dans la loi islamique, fondé sur l’échange respectueux, la sagesse et la bienveillance. Il a souligné que le dialogue constructif, basé sur la sagesse et une exhortation bienveillante, contribue à rapprocher les points de vue et à comprendre la nature des différences sans porter atteinte aux convictions religieuses.

Son Éminence a ajouté que toute personne qui observe attentivement les religions révélées constate qu’elles se rejoignent autour de grands principes communs liés aux valeurs morales et au comportement humain général. Les divergences et les conflits qui surviennent ne proviennent pas de l’essence des religions elles-mêmes, mais plutôt des pratiques de certains de leurs adeptes. Il a rappelé que le Prophète de l’islam a incarné ce principe de manière concrète par son comportement envers autrui, en recevant des délégations de non-musulmans dans son lieu de culte et en posant les bases de la citoyenneté à travers la Charte de Médine.

Son Éminence a également mis en lumière l’expérience de la « Maison de la famille égyptienne », qu’il a décrite comme un modèle unique de gestion de la diversité religieuse et de consolidation de la culture du dialogue. Cette initiative, placée sous l’égide d’Al-Azhar et de l’Église copte orthodoxe, vise à promouvoir la valeur de l’être humain et à corriger les idées erronées, notamment en remplaçant la notion de « minorité » par celle de « citoyenneté », fondée sur l’égalité complète des droits et des devoirs. Il a indiqué que cette expérience a connu une expansion remarquable, avec la création de nombreuses antennes dans plusieurs gouvernorats du pays, reflétant ainsi son succès dans le traitement de nombreuses problématiques sociales et culturelles que certains tentaient, à tort, de présenter comme des questions religieuses.

Son Éminence le Mufti de la République a conclu en affirmant que l’État égyptien a fondé son expérience de coexistence pacifique sur plusieurs piliers essentiels, parmi lesquels figurent la consécration de la dignité humaine, la garantie de la liberté de croyance, la réalisation de la justice et de l’égalité devant la loi, ainsi que la lutte contre les discours d’extrémisme et de haine, la rectification des concepts erronés et le renforcement de la coopération entre les institutions religieuses islamiques et chrétiennes.

De leur côté, les membres de la délégation ont exprimé leur profonde reconnaissance à Son Éminence le Mufti de la République pour l’accueil chaleureux qui leur a été réservé. Ils ont fait part de leur fierté quant à la présentation de l’expérience égyptienne en matière de gestion de la diversité religieuse et de promotion des valeurs du vivre-ensemble. Ils ont salué le rôle de premier plan joué par Dar Al-Ifta dans la diffusion de la culture du dialogue et de la tolérance, ainsi que la profondeur intellectuelle et méthodologique de l’approche exposée. Ils ont affirmé que cette visite constitue un apport qualitatif majeur à leur parcours scientifique et religieux et qu’elle contribuera à transférer le modèle égyptien de coexistence pacifique vers leurs sociétés, renforçant ainsi la stabilité sociale et servant les valeurs communes de paix et d’humanité.

 

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